Démasquer le faux à La Chapelle en Serval

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Hugo Leroux, journaliste et auteur d’un article consacré aux vidéos truquées sur Internet, est venu au collège Du Servois le 15 novembre 2019 pour une intervention sur les fake news, dans le cadre du Prix Roberval 2019.

Hugo Leroux est un journaliste scientifique indépendant. Après une formation d’ingénieur à l’UTC à Compiègne, il change de voie et s’oriente vers des études de journalisme.

Il concourait pour le Prix Roberval dans la catégorie « Journalisme » pour un article publié dans le magazine Science et Vie intitulé Vidéos truquées : Vers la fin du vrai ? (Vous pouvez consulter le palmarès 2019 du Prix Roberval sur cette page).

Cet article traite d’un phénomène apparu récemment sur Internet : les deep fakes. Ce sont des vidéos truquées grâce à l’intelligence artificielle, qui permettent par exemple de faire dire à une personne des propos qu’elle n’a jamais tenus dans la réalité. La supercherie est indétectable pour l’œil humain, ce qui rend les deep fakes assez « redoutables » car ils permettent de manipuler aisément le spectateur. L’article d’Hugo Leroux est consultable en ligne en suivant ce lien : Vidéos truquées.

Hugo Leroux devant les élèves du collège Du Servois à La Chapelle en Serval

Hugo Leroux devant les élèves du collège Du Servois à La Chapelle en Serval

Les fake news, un phénomène apparu avec les réseaux sociaux

L’intervention d’Hugo Leroux se fit devant la classe de 4e4 du collège Du Servois en présence de leur professeur de Sciences physiques Sébastien Ferron. Elle porte sur le sujet plus général mais ô combien d’actualité des fake news.

Tout au long de son exposé d’une heure, le journaliste a pris de nombreux exemples de fausses informations diffusées récemment, principalement via les réseaux sociaux, afin de les déconstruire pour, comme il le dit lui-même, de se fabriquer une « auto-défense mentale ».

Par exemple, Hugo Leroux a montré une photo diffusée après l’accident de  l’usine Lubrizol à Rouen, photo montrant des oiseaux morts sur une route, avec le commentaire suivant : « A Rouen, les oiseaux ne se cachent même plus pour mourir« . En fait, la photo datait de 2011 et avait été prise en Louisiane (Cliquez sur ce lien pour voir la photo).

Le journaliste fait ensuite un petit tour d’horizon des différentes façons de propager de fausses informations : montrer des photos ou des vidéos sorties de leur contexte, diffuser de faux communiqués de l’ARS (Agence Régionale de Santé), écrire de faux commentaires sur les réseaux sociaux…

Mais dans quel but ? Comme le révèle Hugo Leroux, il y a très souvent un but politique derrière la création de fake news. Un exemple célèbre récent est la découverte d’une « usine à trolls » russe : une société avait comme unique but d’inonder Internet de fausses informations afin d’influencer l’opinion en faveur des intérêts russes.

Hugo Leroux devant les élèves du collège Du Servois à La Chapelle en Serval

Se prémunir des fake news

La première chose à faire pour débusquer les fausses informations, c’est de vérifier le site sur lequel on les a lues : s’agit-il d’un site connu, sérieux, sur lequel l’information est vérifiée, ou est-ce plutôt un blog personnel, un site très orienté politiquement ou en faveur d’une cause particulière (comme les sites anti-avortement par exemple) ?

Le journal Le Monde a lancé un outil afin de vérifier les différentes sources d’information : Le Décodex. Il suffit d’entrer l’adresse d’un site Internet et l’outil, si le site est répertorié dans sa base, indique la nature de l’information qui y est diffusée et met éventuellement en garde le lecteur.

Pour les images, il existe des outils pour trouver l’origine d’une image postée par exemple sur les réseaux sociaux. Le plus simple est de faire une recherche inversée sur Google Images afin de retrouver l’origine d’une image (il existe également un autre outil très pratique intitulé TinEye (en Anglais)).

Mais, comme l’a rappelé Hugo Leroux, la meilleure arme contre les fake news reste la vigilance du lecteur. « Quand vous lisez une information, il est important de vérifier si elle est reprise par d’autres médias. Il ne faut pas la prendre pour argent comptant« , a-t-il conseillé aux élèves.

Quelques questions posées par les élèves

Les fake news, est-ce puni par la loi ?
En général non, sauf si le faussaire est amené à fabriquer de faux documents officiels (comme dans le cas du faux communiqué de l’ARS).

Mais au fait, à quoi ça sert les fake news ?
Les gens peuvent faire ça pour s’amuser, mais il y a souvent des arrières-pensées politiques dans la diffusion de fausses nouvelles.

Avez-vous déjà, en tant que journaliste, fait des fake news sans le vouloir ?
Non, cela ne m’est jamais arrivé. Et puis je suis assez peu actif sur les réseaux sociaux !

Quelle est la différence entre une rumeur et une fake news ?
Une rumeur est une simple information non fondée. Une fake news révèle une volonté de diffuser une information fausse dans un but précis.

Parfois, les médias « sérieux » relaient des fake news, comme dans le cas de Xavier Dupont de Ligonnès, soit-disant retrouvé. En fait cela était faux et tous les journaux ont relayé l’information sans vérifier. Est-ce que cela ne risque pas d’arriver de plus en plus souvent dans l’avenir ?
Oui c’est un risque. Il faudra être de plus en plus vigilant, aussi bien vous les lecteurs que nous, les journalistes.

Vérifier les images :

Vérifier les informations :